Baisse ou absence de Libido ?

25/09/2019

Baisse ou absence de Libido ?

Quand l’envie d’une relation sexuelle fait défaut et que cette situation perdure, cela peut révéler des "problèmes" plus profonds. 

Un des premiers motif de consultation au cabinet est la baisse ou l’absence de libido : Ceci peut s’expliquer par de nombreux facteurs (physiologique ou psychologique), que je vais tenter de développer dans cet article. 

Libido en berne voir même absence totale de libido … et une difficulté bien plus fréquente que l’on croit, que ce soit pour la femme (majoritairement) ou pour l’homme.  

 

Dans une enquête sur la sexualité des Français, conduite auprès de 12.000 personnes âgées de 18 à 69 ans, seuls 1,9 % des hommes et 6,8 % des femmes disaient avoir souffert «souvent» d’une absence ou d’une insuffisance de désir, c’est-à-dire d’un problème de libido, durant l’année écoulée. 

Mais les chiffres grimpaient respectivement à 20,1 % et 29 % quand le «parfois» remplaçait le «souvent». 

Si une baisse de libido n’est pas répertoriée dans les livres de médecine comme un trouble du désir sexuel, elle n’est pas à prendre à la légère, puisqu’elle peut être source de stress et parfois même de souffrance (Autant pour la personne concernée que pour son ou sa partenaire).

 

Lorsque qu’une personne vient à consulter pour ce genre de difficulté, je vérifie par mon approche thérapeutique 4 axes qui me semblent essentiels : 

 

1. La piste de l’origine hormonale : 

Ces perturbations concernent les deux sexes. 

Chez l’homme, il peut s’agir d’un taux anormalement bas de testostérone ou étonnamment élevé de prolactine - une hormone qui peut avoir pour effet de faire baisser la sécrétion de testostérone par certaines cellules des testicules. 

Chez la femme, un déficit en hormones œstrogènes peut entraîner une baisse de la libido. Les hormones androgènes jouent également un rôle, avec une légère hausse de la concentration en testostérone qui expliquerait le désir plus important en période préovulatoire. 

 

2. Interroger le passé en consultation : 

Mon deuxième axe d’investigation, m’intéresser à la personne qui consulte, et notamment à son passé, son histoire affective et sexuelle. Mais aussi, interroger l’éducation, la religion, les expériences, sans oublier tout ce qui tourne autour du psychique. 

 

Des coutumes sexuelles conflictuelles, un imaginaire érotique pauvre ou culpabilisant, une aversion pour certaines pratiques, un évitement des perceptions positives, des troubles de l’identité et une santé mentale instable peuvent aussi être en cause. 

 

Certaines périodes difficiles pour les individus, un deuil par exemple, ne sont évidemment pas propices au désir sexuel. Plus banalement, des commentaires acerbes ou des critiques sur les aptitudes sexuelles peuvent s’imprimer dans la mémoire, et la peur de ne pas réussir à faire jouir son ou sa partenaire seront ensuite à l’origine d’une panne du désir. En particulier chez les hommes, la pression est forte, dans nos sociétés modernes axées sur la performance, y compris sexuelle.

 

Enfin, naturellement, les troubles de l’humeur, et notamment un état dépressif, ont aussi des effets dévastateurs. «En particulier, dans la période qui entoure la ménopause, une femme qui a déjà tendance à être légèrement déprimée le sera davantage encore du fait des bouleversements hormonaux, de la prise de poids et d’une moins bonne image du soi. Cela peut réveiller des troubles de la libido.

 

3. Le contexte familial et professionnel

Troisième point à discuter en cas de désir diminué: le contexte social. 

Des problèmes financiers, des tensions dans le travail, des difficultés dans les relations avec ses collègues, ses amis, ses parents, ne sont pas sans conséquence sur le désir sexuel. 

Les hommes ne sont pas mieux lotis. Le chômage, ou à l’inverse, la pression d’un travail stressant avec des journées de travail toujours plus longues constituent de véritables catastrophes pour la libido. Aux Etats-Unis, par exemple, où travailler plus de quarante-cinq heures par semaine, avec très peu de congés, est chose banale, le désir est en chute libre. Une étude indique, pour le début des années 2010, une baisse de 15% des relations sexuelles par rapport aux années 1990.

 

4. Le porno mis en cause

L’irruption du porno sur les écrans serait également nuisible à la libido des personnes dans la vie «réelle». Certains chercheurs estiment que chez des personnes fragiles psychologiquement, la pornographie peut causer, paradoxalement, une anorexie sexuelle ou des dysfonctionnements. 

En 2011, une enquête, menée auprès de 28 000 visionneurs de porno en Italie, a montré que nombre d’entre eux s’adonnaient à une consommation excessive, quotidienne, s’habituant à des images extrêmes (performances irréalistes ou violentes). Selon les chercheurs qui ont mené l’étude, l’effet serait catastrophique pour ces hommes: ils n’arriveraient plus à ressentir suffisamment d’excitation, une fois en situation de faire l’amour, dans la réalité.

 

Une dernière question, que j'aborde face à une personne se plaignant de troubles du désir : Où en est votre couple ? 

Il faut savoir que le couple joue un rôle majeur dans la libido, car il peut y avoir du désamour, des habitudes qui font que le désir est moindre, des événements particuliers .... 

Durant mes entretiens, j'insiste sur le fait que le manque ou l'absence de libido n'est pas dû qu'à un seul et unique facteur mais bien un ensemble de choses sur lesquels il convient de s'interroger .  

 

Pour terminer, interroger ce qu’exprime le patient permet, de façon claire, de pouvoir comprendre ce qu’il se passe pour lui et lui proposer écoute mais surtout des outils lui permettant de se « reconnecter » avec son propre corps et celui de son/sa partenaire.

Si vous vous sentez concerné(e) par le sujet et souhaitez en discuter n'hésitez pas à venir me rencontrer.